Mardi 15 Août, nos 4 "enduromen" récupèrent au fond de leur lit douillet ; repos bien mérité après leur super résultat au 24H Paul Ricard.
Au même moment, un autre CSC s'apprête à se lancer dans une épreuve d'endurance. Et quelle épreuve !! Certainement une des plus éprouvantes, l'Ironman d'Embrum.....

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Alain Muller, qui cette année a fait l'impasse sur l'épreuve du Castellet, est au départ de  L'EMBRUNMAN.
Au programme : 3,8kms de natation
                           188kms en vélo avec l'ascension du col de l'Izoard
                           42kms en course à pied.

C'est parti !! Alain nous résume son périple.

Alain : "6h00, nuit noire, top départ. L'eau est à 21°, la tension palpable et les yeux embués. 1100 têtards se jettent avec avidité dans le bain libérateur. Ça clapote, ça éclabousse, ça frétille, le courant se crée, il n'y a qu'à suivre.

Suis content de ma nage, cela faisait quand même 3 ans que je n'avais pas effectué cette distance (3800 m). Alors 1h32 c'est bien, surtout que je suis parti dans les derniers. Du coup, j'ai évité tout stress cardiaque et j'ai trouvé mon rythme naturellement.

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A vélo je suis parti prudemment (trop ?) et n'ai doublé que peu de concurrents, contrairement à d'habitude. Mais cette année, pas question de me laisser griser et je bride mon enthousiasme dans cette longue montée de 11 km vers St Apollinaire. Le soleil apparaît entre les montagnes, la lumière est limpide et la vue sur le lac enivrante. Beaucoup de monde au bord de la route et je tape les mains qui se tendent vers nous. Émotion d'être là, émotions de partager. Frissons.

La mauvaise surprise fut le fort vent de face entre Savines et le pied de l'Izoard. J'ai dû encore gérer mon effort, mais à force d'économiser, le temps a filé et les "cut" horaires sont devenus menaçants.

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L'Izoard fut une vraie souffrance, 15 km à 33° en plein cagnard, les longues lignes droites à 10% puis les lacets presque aussi pentus en fin de col m'ont épuisé. Je crampais de partout, plus d'eau dans les bidons, et pas question de s'arrêter. Il fallait passer avant 13h10. Heureusement, grosse solidarité entre tous ces grognards de la retraite de Russie, on s'encourageait mutuellement. Ne rien lâcher ! Vraiment au mental, j'ai réussi à atteindre ce maudit col à 13h09... Soulagement et récupération. Recroquevillé par terre, sans pouvoir étendre les jambes à cause des crampes, sans pouvoir parler, j'ai commencé à grignoter mes petits sandwichs jambon/fromage. L'énergie est revenue, et 15' plus tard j'étais sur le vélo pour la descente (prudente). Je m'y suis quand même endormi un bref instant... Et juste réveillé en sursaut pour attraper les freins et prendre "ric-rac" le virage menaçant.

A mi-pente, ayant récupéré, je me suis lâché et j'ai envoyé du "lourd" pour reprendre un max de gars et rentrer ds les délais (17h15 au parc à vélo). Donc de nouveau face au vent (il tourne avec nous ce vicieux) 60 km bien "casse pattes" avec 2 grosses difficultés : Pallon (3 km à 18%) et surtout Chalvet (5km à 10%) au km 175. Encore une fois au mental, avec un petit groupe d'éclopé(e)s, on est passé dans les délais et arrivés au parc à 17h13 !!!! Ils ont fermé juste derrière nous et les suivants ont été éliminés. Triste. Impitoyable.

Changement de tenue, massage rapide des kinés, et après 13' dans le parc, c'est parti pour le marathon.

3 boucles de 14 km, mais tojours avec ces fichus délais. 19h20, 21h30, 23h15.... Ce sera une course contre la montre tout le long. La lutte pour rester "en vie" avec des sprints échevelés afin de passer sous l'horloge dans les temps. 2 boucles qui passent à 2 minutes à chaque fois. 2 minutes de marge, pas plus. Heureusement la foule est là et les encouragements boostent à fond. J'en ai encore des frissons.

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Malheureusement la volonté n'a pas suffit. 3e boucle, 22h12, encore 9 km... La citadelle d'Embrun à escalader et seulement 1h de délais. Impossible. Il fait nuit, il fait froid, il n'y a plus de foule et, plus que les jambes, le mental est usé. Fin du film.

Je reviendrai, mieux préparé et plus en forme.

Merci le CSC et merci Gégé pour tout le long travail foncier de cet hiver et de ce printemps."

CHAPEAU MONSIEUR MULLER.

Bravo Alain !! Allez, c'est certain, l'an prochain tu termines

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